Coulisses de newsletters

Les coulisses de Pochette Surprise, la newsletter d’Anne-Solange Tardy

By 13/01/2020 No Comments
Coulisses de la newsletter Anne-Solange Tardy pochette surprise

« C’est difficile de trouver sa propre voie à partir d’un outil que tout le monde utilise. »

Vous est-il déjà arrivé de vous laisser tomber dans un énorme coussin plein de plumes duveteuses ?

Moi non plus.

Mais j’imagine très bien la sensation et surtout le réconfort que cela apporte. Comme lorsqu’on se cache sous un plaid devant un feu de cheminée.

Un joli moment suspendu.

Ma conversation avec Anne-Solange Tardy m’a fait cet effet.
C’était un vendredi après-midi, et c’était parfait pour finir la semaine. Sourire et légèreté assurés pour tout le week-end !

Pour définir ce qu’elle fait, je pourrais vous énumérer tous plein de métiers : journaliste, blogueuse, écrivaine, formatrice, artiste, poète…

Mais Anne-Solange Tardy, c’est surtout un univers, celui de la créativité, où tout fait sens parce que c’est elle.

En toute logique, sa bien nommée newsletter Pochette Surprise est à l’image de son univers.

En écrivant cet article, j’ai eu un mal fou à vous définir Pochette Surprise. Elle ne rentre pas vraiment dans la catégorie des newsletters écrites par des personnes qui cherchent à vous inspirer, et encore moins dans la catégorie des newsletters promotionnelles.

Alors je suis partie de moi.
Pourquoi me suis-je abonnée ?
Pourquoi est-ce devenu un rendez-vous incontournable du jeudi soir ?

Ce que j’apprécie avec Pochette Surprise, c’est que je n’ai pas l’impression d’être une cible marketing armée d’une carte bancaire prête à être dégainée dès qu’on appuie sur le point sensible.

Avec Pochette Surprise, je réapprends à apprécier des plaisirs simples, j’apprends de nouveaux mots, je découvre des livres, je me dis « Ah, mais oui elle a raison! », « Ah tiens, je vais essayer! »

Cela fait du bien, tout simplement.

D’autant plus à ces périodes de l’année où nos boîtes mail sont surchargées de messages pleins de boutons flashy et d’animations qui nous donnent l’impression de passer à côté de la promotion du siècle !

La curiosité étant mon plus joli défaut, vous le savez bien, j’ai donc contacté Anne-Solange pour connaître les secrets de Pochette Surprise.

Et encore une fois, non, je n’ai pas été payée pour écrire cet article.

Quand as-tu envoyé ta première newsletter ?

J’ai créé mon premier formulaire pour recueillir des adresses mail en 2016, poussée par une coach en marketing que j’avais sollicitée pour le lancement de mon atelier photo Insta-Gratitude.

Je voyais les mails comme quelque chose de négatif qui importune les gens et je ne voulais surtout pas faire ça.

Elle m’a cependant convaincue, et j’ai regardé un peu ce qui se faisait. Matin magique a été la première newsletter à me montrer qu’il était possible de faire des choses très sympas par mail.
Cela a changé ma vision, et ma pratique.

Mais après ce lancement marketing, je me suis sentie comme une poule avec un couteau !

Des gens que je ne connaissais pas m’avaient fait assez confiance pour me laisser leur adresse mail, mais je ne savais pas quoi faire de cet espace. J’avais envie de faire quelque chose de bien, mais je ne savais pas quoi.

Alors j’ai regardé ce qui se faisait ailleurs. J’ai essayé des choses, mais ce n’était pas très agréable, car cela ne me correspondait pas.

C’est difficile de trouver sa propre voie à partir d’un outil dont tout le monde semble faire le même usage. 

Et puis ma problématique à moi, c’est que je fais beaucoup de choses. J’ai un blog. Je fais de l’aquarelle, du dessin, j’écris des livres. J’ai une formation photo qui a une vocation plus large qu’un atelier technique, puisqu’elle invite à partager, elle invite à la contemplation, à la poésie.

D’un point de vue marketing, tu lis partout qu’il ne faut faire qu’une seule chose pour être bien identifié. Le problème, c’est que je n’en suis pas capable. Je ne suis pas capable de juste écrire ou juste faire de la peinture.

Alors je me suis dit que ce qui se rapprochait le plus de ce « plein de choses », c’est une pochette surprise. Quand les gens s’inscrivent, ils ne reçoivent pas la même chose d’une fois sur l’autre.

Pochette Surprise a démarré de cette façon, il y a 1 an et quelques mois, sans intention spéciale. Je n’avais pas d’idée concrète de ce à quoi ça allait ressembler, mais j’avais envie d’un espace où il y aurait de la place pour tout.

C’est très intéressant, car cela va à l’encontre des conseils qu’on entend dans le marketing.
Avec Pochette Surprise, tu as fait les choses à ta façon et on sent que ce qui compte pour toi, c’est d’abord le plaisir d’écrire à tes abonnés. D’ailleurs, combien sont-ils à te lire chaque jeudi ?

J’ai près de 8000 abonnés avec un taux d’ouverture autour de 50 %.

J’apporte une attention particulière à la qualité de ma mailing list. Quand je vois qu’une personne n’a pas ouvert les 10 derniers mails, je supprime son adresse de ma base de données. Si mes mails ne l’intéressent plus, autant qu’elle ne les reçoive plus. Je n’ai aucun problème avec ça.

Je préfère avoir de véritables lecteurs, qu’une masse d’abonnés qui n’ouvrent pas ma lettre.

Tu es également très active sur Instagram. Quel système as-tu construit entre Pochette Surprise et ton compte Instagram ?

Pour te dire les choses exactement telles qu’elles sont, pour l’instant, je n’ai pas de réponse à ça. Je cherche à créer un système où tout interagit, mais cela se fait avec beaucoup de questionnements.

Sur quoi mettre l’accent ? Comment faire en sorte que les deux se complètent ?

Ce que je sais en revanche, c’est que je veux me tenir aussi loin que possible des méthodes toutes faites.

Les méthodes toutes faites sont éphémères. Quand quelque chose fonctionne, tout le monde s’en empare et ça n’a plus l’effet escompté.

Mon but n’est pas d’être millionnaire et de générer le maximum de chiffre d’affaires. Mon but est de toucher les personnes susceptibles d’être sensibles à mon contenu créatif et que les revenus issus de mes activités me permettent de continuer à le faire.
Cela ne paraît peut-être pas très ambitieux, mais cela ne va pas plus loin.

C’est difficile de ne pas se laisser attraper par le côté très désirable des gens qui expliquent comment faire pour que ça marche. Se tenir à distance de ces discours demande de rester droit dans ses bottes et de ne pas se laisser influencer.

Alors attention, je ne dis pas « Je suis une artiste, le marketing ce n’est pas pour moi! ». Je cherche à ce que mon activité soit profitable ! Et pour le moment, je pense que cela passe par rendre mon activité plus compréhensible pour les personnes qui me suivent sur les différents canaux.

J’ai beaucoup à apprendre du marketing et de ses techniques, car c’est la seule solution pour comprendre quels messages envoyer, et quand. Un bon marketing, j’en suis convaincue, peut permettre de trouver les bons messages, de créer les bons liens et permettre l’équilibre non seulement financier, mais « d’existence » d’une activité, y compris quand on est un artiste ou un créatif.

Donc j’essaie de trouver le bon équilibre, mais ce n’est vraiment pas facile. 

Je travaille beaucoup, j’y passe beaucoup de temps et je me trompe aussi très souvent ! Mais comment apprendre autrement ?

Justement, penses-tu avoir déjà commis des erreurs avec ta newsletter ?

Oh oui ! Le plus gros plantage, c’était il y a 3 ans.

J’avais lancé le 1er atelier photo, mais 6 mois plus tard, je ne savais pas comment faire pour donner envie aux gens de l’acheter. Je me disais « Voilà, j’ai vendu mon atelier, mais les gens qui l’ont suivi ne vont pas le racheter. Il faut que je touche de nouvelles personnes et ce sera comme ça à chaque atelier. »

J’étais en état de panique complet ! Alors j’ai envoyé des mails ultras marketing aux abonnés. Cela me crevait le cœur. J’en étais malade d’envoyer des mails comme ça !

Je savais bien que je ne faisais pas ce qu’il fallait, mais il fallait bien essayer quelque chose. J’avais envie de bien faire, mais plus j’essayais, pire c’était. J’essayais désespérément. C’était cauchemardesque !

J’ai perdu beaucoup d’abonnés. C’est dommage, car je pense avoir perdu ceux qui auraient été les plus sensibles au contenu créatif que je propose aujourd’hui.

La chose sur laquelle j’aimerais travailler aujourd’hui, c’est de mieux introduire ce que je fais, mieux présenter mon travail. Pochette Surprise génère de la notoriété, des échanges vraiment chouettes, mais elle ne génère pas de revenu direct.

Tous les abonnés ressentent probablement le gros travail fourni pour chaque Pochette Surprise. Comment t’organises-tu chaque semaine pour conserver ce niveau-là ?

Effectivement, cela me demande beaucoup de travail. Je me bloque le jeudi pour faire les recherches, pour l’écrire et pour l’envoyer. J’y passe 8 à 10 heures par semaine.

Je pourrais fonctionner à l’instinct et commencer à l’écrire quand j’ai une idée, mais je ne suis jamais satisfaite de ce que j’écris.
Si je l’écris le lundi pour l’envoyer le jeudi, je vais avoir le temps de me dire « Ah, mais attends, je n’ai pas parlé de ça ! », et je vais la reprendre.
Donc cela me ferait perdre du temps.

Alors, tu notes les idées qui te passent par la tête et tu fais le point le jeudi ?

Souvent, j’ai une idée qui me trotte dans la tête plusieurs jours et je la laisse mûrir jusqu’au jeudi.

Ou alors, quand je me mets à l’écrire, je n’ai qu’une vague idée en tête, qui m’amène à me souvenir d’un bouquin, d’une citation, d’une note de bas de page. Les idées s’enchaînent comme ça ! Parfois, j’ai l’impression qu’il y a un petit secrétaire assis sur mon épaule qui me dit « Tiens regarde ça, et il y a aussi telle chose, etc. »

Mais bon, ce n’est pas tout le temps comme ça ! Il y a beaucoup de jeudi où je suis devant mon bureau à 8 h… et à 13 h je n’ai toujours rien !

Mais tu sais que tu arriveras toujours à écrire quelque chose….

C’est ça ! C’est un vrai exercice de confiance. Plus tu expérimentes que, même si c’est un peu inconfortable, tu vas arriver au bout, plus cela devient une certitude.

Quand on est à son compte et qu’on est livré à soi-même, on rencontre beaucoup d’obstacles de toute sorte, souvent liés à la confiance en soi.

Quand on travaille en indépendant, on n’a personne pour nous rappeler la direction, on s’éparpille facilement. Ce genre d’exercice aide beaucoup pour se faire confiance à tous les niveaux.

Mais je ne suis pas rigide sur mon calendrier. Si le jeudi soir je ne suis toujours pas satisfaite de ce que j’ai écrit, alors je préfère ne rien envoyer.

Pour finir, quelles newsletters reçois-tu toujours avec plaisir ?

Les Glorieuses
Titiou Lecoq
Talented girl
Et celle de Géraldine Dormoy


Ce qu’il faut retenir

  • Pour avoir un taux d’ouverture le plus représentatif possible, nettoyez votre mailing list de temps en temps en supprimant les adresses mail des destinataires n’ayant pas ouvert vos messages depuis plusieurs semaines ou mois, selon votre fréquence.
  • Ne cherchez pas à appliquer à la lettre les méthodes toutes faites. Quand quelque chose fonctionne, tout le monde s’en empare et cela n’a plus l’effet escompté.
  • La régularité est importante, oui. Mais lorsqu’on travaille en indépendant.e, difficile d’assurer sur tous les fronts. Vous n’êtes pas satisfait de ce que vous avez écrit ? N’envoyez pas votre mail.
    Si vous l’envoyez à contrecœur, vos lecteurs le sentiront.
    Le sujet de votre prochaine newsletter pourrait justement être la raison pour laquelle vous n’avez pas écrit précédemment.
    C’est également un bon moyen de démontrer une nouvelle fois la sincérité de votre démarche.
    Attention, cela ne fonctionnera pas si la situation se reproduit régulièrement !

Pour vous abonner à Pochette Surprise, la newsletter d’Anne-Solange Tardy, c’est par ici : https://www.cachemireetsoie.fr/pochette-surprise/

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